J'écrirai pour assurer ma liberté.
Mais je m'en vais.

# Posté le mercredi 06 février 2008 07:12
Modifié le mercredi 02 juillet 2008 14:08

"Ils vivent comme des moutons en retard d'un million d'années." - Hop là, nous vivons ! -

 "Ils vivent comme des moutons en retard d'un million d'années."  - Hop là, nous vivons ! -
















( On est toutes un peu des princesses. )
Certaines plus que d'autres.. :).














Douzième Concours de Nouvelles d'Ecrire Sous les Halles. Thème : la plus grande honte de ma vie. Je ne sais pas du tout ce que ça vaut. C'est long, mais si vous trouvez le courage de lire, je voudrais vos avis, vos critiques, savoir ce que vous n'aimez pas et s'il y a des choses qui vous plaisent. Jugements fondés s'y'ou-plaît. =).

___ Il est 21h53, à ma montre. Les pièces se vident de bruit et reprennent leur visage nocturne. Façade insoupçonnable. Insoupçonnée. J'écoute le silence. La solitude m'empoigne délicatement. Je m'y abandonne sans rien dire. Qu'ai-je à dire ? Comme une habitude qui me surprendra toujours, mais que j'attends quotidiennement. Et que j'admets. C'est mon milieu après tout. Avant tout. Mais de nouveaux bruits, déjà, qui me souillent un peu, un peu plus. Un peu trop. Qu'ai-je à dire. Le bruit des voitures qui court, le bruit de mes pensées qui se gribouillent encore, continuellement, le bruit du vent qui respire un peu, un peu trop fort. J'entends d'ici. Et puis le bruit le plus imposant, celui qui fait vrombir, crisser, accélérer les voitures, celui qui fait faire des râtures et des pâtés à mes pensées les plus sages, celui qui fait tomber la pluie. Ca provient de la chambre du dessus. Le bruit des sanglots qui nous échappent malgré nous. C'est ma fille mais. Je n'ai pas d'enfant. Je n'ai plus eu d'enfant le jour où elle est née. Avant. Avant, j'en avais. Depuis toute petite. Depuis le moment où j'ai appris le nom que l'on donne à ces merveilleuses créatures qui, même confinées dans un berceau, continuent à nous émerveiller. Pures et sans douleur. Qui savent en une si petite expérience de vie nous apprendre ce que l'on n'a pas su voir en de si longues années. Peut-être qu'il existe une vie, non pas après, mais avant. Peut-être qu'il n'y a que ça qui compte, que le reste est dérisoire. Peut-être que c'est pour ça qu'il n'y a pas de place, ici, pour les regrets.
___ Je me souviens. Quand je me retournais dans la rue au passage d'un nouveau-né. Et je me questionnais. Fille ou garçon ? Quel prénom ? Quel avenir ? Et je répondais pour les miens. Oui, ils étaient déjà miens, et déjà, j'avais décidé de leur donner non pas seulement la vie, mais ma vie. Pédiatre. Quatre enfants. Plus tard, Maman, plus tard, je veux être vendeuse de rêves. Vendeuse d'un bonheur qu'il ne faudra plus payer. Destin tout tracé d'un trait sûr et volontaire, pas tremblant le moins du monde. Mais qu'étaient-ils ? Qu'étaient-ils à part le piteux résultat des dialogues avec moi-même ? Qu'étaient-ils à part un morceau déchu d'imagination, tombé de moi par hasard, tombé de nulle part ? Qu'étaient-ils à part le fruit d'un silence plein à ras-bord, plein à craquer ? A part la façonnation approximative de ma fascination, à part des gosses que je ne savais conjuguer qu'au plus que parfait de moi-même, à part une façon comme une autre de combler un trou béant et de fuir, de le fuir, l'abîme, de me dire qu'après avoir touché le fond du vide, il faut donner un coup de talon pour remonter, il faut vouloir. Mais à part de réelles utopies... qu'étaient-ils ?
___ Je ne veux pas justifier ce qui ne peut l'être. Ma fille n'existe pas. Ou existe à l'excès. Tout dépend du point de vue. Le pas assez et le trop se valent. Souvent. Elle n'est qu'une sournoise illusion à vos yeux. Pour toujours. Je n'ai pas d'enfants, je n'en aurai jamais. Non, je refuse. Non, vous n'avez pas le droit de me me traîter de mère indigne. C'est faux. Indigne peut-être, mais pas mère. Convainquez-vous-en comme je veux m'en convaincre. Regardez comme je ne colle pas à la définition. Observez les anomalies de mon comportement. Une mère emporte sa fille dans des histoires fantasmagoriques tous les jours, et se laisse emporter passé l'âge. Une mère aura tout appris à sa fille, tout, de A à Z, et chacune des vingt-quatre autres lettres dans le détail et la patience. Une mère embrasse sa fille chaque soir, pas d'exception. Une mère se soucie du maquillage, pas avant seize ans, et des garçons, pas avant ving-cinq. Une mère pense aux études, à l'avenir, à l'indépendance, à l'indémodable "comment va-t-elle donc s'en sortir", et l'empêche de s'envoler en appartement. Une mère crie pour une chemise mal rembraillée, un décolleté trop plongeant, des cheveux gras, un lit défait, pour des futilités. Et pardonne l'impardonnable. Une mère a un fameux acolyte : son petit doigt, utilise à tout-bout-de-champ l'impératif et l'interrogatif - où ? avec qui ? pourquoi ? jusqu'à quand ? comment ? pas question !, et a, intégré en elle, un détecteur de mensonges nouvelle génération. Une mère, aussi, a un mari, substitut au rôle du père.

___ Pas moi.

___ Ma fille n'aura jamais besoin de moi. Ma fille, n'est pas la mienne. Son sang est le sien. Sa chair, je la lui laisse. Elle n'a pas mes yeux, ni mon nez, ni mes mains, ni même une infime partie de ce que j'ai été. Et heureusement. Heureusement pour elle. Ca me rappelle ce jour. La vie qui se secoue au-dessus de ma tête en dépend. Ce jour où je m'étais promis que les enfants que j'aurais ne me ressembleraient pas.
___ Je ne voulais pas d'enfant monstre.
___ Je ne voulais pas que mes enfants connaissent les journées vécues dans la seule attente du soir. Ce soir qui s'allie à la nuit et à la solitude et que je suis toujours si bien arrivée à faire rimer avec liberté.
___ Je ne voulais pas que cinquante pourcents de la vie leur soit bonne à prendre mais qu'ils se sentent libres à chaque instant et aient l'envie de tout saisir. Particulièrement l'insaisissable.
___ Je ne voulais pas qu'ils connaissent l'hypocrisie amère dont on n'avoue jamais l'existence et dont on excuse la présence par un sourire qui a appris à sonner vrai mais comprend toujours cette infime dissonance, quasiment inaudible, résonnance presque invisible, qui passerait pratiquement inaperçue.
___ Je ne voulais pas que leregard des autres deviennent un handicap. Toutes les petites défaillances, les imprévus, les erreurs d'impression, les gamelles, les pièges, les faux-pas, les fautes de frappe, les défaites, l'intégralité de leur défauts ou les défauts de n'importe quoi d'autre, je voulais qu'ils en fassent des opportunités qui ne se présentent qu'une fois, qu'il faut savoir reconnaître, retourner et saisir.
___ Je voulais qu'ils aient l'indépendance et la dépendance de la vie, je leur souhaitais l'autonomie sans la solitude, le beurre et l'argent du beurre. Je voulais qu'ils comprennent la vie sans pour autant en devenir les esclaves.

___ J'aurais dû savoir que les illusions ne sont bonnes à consommer qu'avec modération. Au premier tournant, dans l'ivresse, elles peuvent devenir mortellement dangereuses et sans y faire trop attention on les colle bien trop souvent, et bien trop vite, à notre réalité. C'est un tort de l'humanité qui concerne chacun personnellement. J'aurais dû savoir que ma fille ne serait pas la copie conforme de ce cinéma muet et infirme, informe, insensé puisque irréel, puisque incompatible avec le Vrai. Quand on me l'a posé dans les bras, la première fois, elle criait, elle agonisait contre moi et ne me disait rien, ne ressemblait à rien. A aucun des modèles créés et enregistrés en moi. Elle ne m'inspirait rien de connu. Et l'inconnu, l'inconnu était plus terrifiant que tout autre chose. Elle ne correspondait pas au dessein animé que j'avais fabriqué de toutes pièces, et revisité, retouché tant de fois pour l'y accueillir. Elle n'était pas cette perfection perfectionnée qui m'appartenaît depuis le "il était une fois". Cette enfant, cette innocence, était tombée dans les mauvais bras, avait poussé dans le mauvais choux, avait été apportée par une cigogne négligente. Je ne saurais expliquer, je suis bien incapable de donner des preuves, des raisons, je n'ai aucune idée de qui peuvent être ses justes propriétaires et il est bien malheureux d'en faire une orpheline si tôt, déjà. Mais cette enfant, cette innocence, n'est pas à moi.

___ J'ai dû la garder, contrainte et forcée. Je suis une sorte de mère adoptive depuis. Une femme qui évite soigneusement de se montrer en public avec elle. Une femme qui ne la nomme jamais. Une femme qui existe en parallèle d'une enfant mais que rien d'autre que les différences ne saurait lier. Deux rails d'un même train qui pourtant, se doivent d'exister ensemble sans jamais se croiser. Mais de quel droit ? Quelle est cette force malicieuse qui me bat au coeur de fer ? Quel droit ai-je sur un enfant qui n'a rien de commun avec moi ? Qu'est-elle d'autre qu'une fabuleuse inconnue un peu plus intime que les autres, que le hasard fait se croiser tous les jours ? Quel est ce sentiment qui m'empêche de la brandir aux autres comme une fierté ? De quel droit lui ai-je infligé cet insoutenable supplice ? C'est terrible, l'indifférence. Plus terrible que la haine. C'est terrible de ne pas exister aux yeux de celle que l'on aurait tant aimé appeler Maman. Et le plus terrible, c'est de me voir dans ses yeux différents, de m'y retrouver non pas seulement dans le reflet, mais aussi dans la consistance, dans ce que contiennent ses yeux de la rétine à la pupille en passant par l'iris et l'ombre que font ses longs cils. Il n'y a pas que des larmes. Il y a des sentiments qui terrassent, il y a des envies d'ailleurs, il y a des rêves tenus à l'écart, il y a un silence omniprésent et un vacarme pas possible, il y a des peurs et un peu de courage pour les vivre, il y a de la rage et des panneaux révolutionnaires adossés aux murs du fond, il y a de l'humanité, de la bestialité aussi, il y a des tas énormes de souvenirs cachés dans des coffres à trésors et tapissés de nostalgie, il y a des étoiles au plafond et, le temps passant, de la poussière d'étoiles au sol, il y a du blanc, du noir et beaucoup de couleurs, il y a une tendre douleur, un bonheur meurtri et. Il y a un hublot sur ce que vivent les autres, et dans cette pièce, il y a sa vie, il y a ce trop-plein de vie, de vécus et d'à venir harmonieusement fusionnés. Non, il n'y a pas que des larmes. Il y a moi toute entière.
___ Elle est la prunelle de mes yeux.

___ Il est 21h54. J'ai déjà perdu une minute, une minute de plus. Je rentre dans sa chambre et la prends dans mes bras. Je sais qu'elle est identique à moi. Je sais qu'elle non plus n'a jamais étreint personne. Je sais qu'elle me comprendra. Et même s'il n'y a rien à dire, même si les mots sont si négligeables, si limités, même s'il n'y a rien à dire, je lui chuchote deux ou trois mots au creux de l'oreille. Et je la vois cesser de se débattre contre ses maux. Je vous l'avait dit, ils sont si négligeables, parfois. Je la vois tout lâcher, ouvrir les vannes, briser les chaînes. Je la vois renaître, être. Ce que j'ai ressenti pour elle, bien qu'inexcusable, est expliquable : j'ai toujours été indifférente à moi-même, je me suis toujours interdit d'exister, ce que je ressentais par rapport à moi, c'était la haine, une haine pure et insoutenable, alors j'ai cessé de me regarder. J'avais honte de moi, et elle était moi, alors j'ai eu honte d'elle. Mais ce que l'on ressent de nous n'est applicable qu'à nous-même. J'aurais dû le savoir. On ne rattrape pas le temps perdu. On se rend seulement compte qu'il y a encore des éternités sur le bas-côté, mille et une chose à vivre et aimer. La roue tourne et les rôles changent. J'étais mère adoptée bien plus qu'adoptive. Elle n'était pas la plus grande mais la plus belle honte de ma vie.

Karo.
# Posté le vendredi 11 janvier 2008 13:33
Modifié le samedi 12 janvier 2008 08:25

Avec toi, je serais allée jusqu'à refaire le monde. Tu vois ?

[ J'voulais mettre une vidéo mais j'y arrive pas et ma tête commence à bouillir alors ce sera pour une autre fois. =). ]
Elle m'rappelle tellement d'choses cette chanson. Tellement d'vendredis soir, dix-huit heures, à rentrer du sport dans la nuit. ( I'm sorry, I can't be perfect... )__*

« Ecrivez une lettre à l'homme ou à la femme que vous serez dans trente-cinq ans. »

___Avant même de commencer, je te demanderais simplement de ne surtout pas m'interroger, après lecture, sur le pourquoi de cette lettre. Si tu n'en connais pas les raisons, c'est qu'alors moi non plus. Ne cherche en aucun cas à me répondre car si j'éprouve aujourd'hui le besoin de m'adresser à toi, je sais avec certitude que ce n'est pas ton cas. Ca ne pourrait que te désorienter, et les autres, les autres te jugeraient folle de désirer me recontacter. Mais je sais en revanche que tu sauras la rouvrir quand il le faut. Que tu oseras te replonger dans des mots qui sont tout toi, et à la fois toute autre.
___J'espère juste que cette lettre t'arrivera à temps. Je sais que ton anniversaire approche. Je n'ai pas oublié que nous étions nées le même jour et que cette date fut l'unique chose que nous ayons jamais eu en commun, toi et moi. Mais ce n'est qu'un subterfuge, un moyen comme un autre, un semblant d'excuse, la meilleure que j'ai su trouver pour me donner le droit de t'écrire. Trente-cinq ans, te rends-tu compte ? Trente-cinq ans qu'une épaisse couche de silence nous tient à l'écart l'une de l'autre, s'épaississant de jour en jour et de seconde en seconde. Trente-cinq ans tenues à l'écart ; étions-nous dangereuses l'une pour l'autre ? Trente-cinq ans que tu tartines de vide le dessus d'existence qui nous liait l'une à l'autre. Qui nous réunissait autrefois. Es-tu nostalgique de ce temps-là ? Je te regarde partir, je ne te vois pas t'enfuir, j'ai tort de ne pas comprendre que tu t'en vas. Le pire, dans tout cela. Le pire est certainement qu'à mes yeux nous ne faisons qu'un, encore, toujours, mais que j'ai pourtant déjà abandonné cette certitude quand j'ai su que je n'existais plus pour toi que sous la forme d'un "avant" omniprésent. Le pire, reste à partir. Comment réussit-on à vivre en détenant une vérité comme celle-là ? Tu as laissé tomber la moitié de toi, tu m'as laissé tomber sur le carrelage froid, m'oubliant au milieu de ta course folle, tu m'as laissé tomber, tu m'as brisée. Tes éclats de rire et les éclats de moi se confondent ensemble et me perdent. De là où je suis, je ne peux te discerner, mais aussi loin que tu sois, ton absence m'atteint. M'étreint. Où es-tu ? Il n'y a que mon écho pour me répondre. Où es-tu ? Je réécoute quelques fois nos souvenirs. Je te cherche partout, parfois même là où tu te caches dans ton maintenant. Je mets tout sens dessus-dessous ; je suis dérangée maintenant. Et tout ça pourquoi ? Je ne sais pas ce que tu es devenue, ce que tu continues de devenir. Si ta chambre est moins rose que la mienne. Si tes deux gigantesques ours en peluche si protecteurs et rassurants continuent à t'accompagner dans les moments difficiles. Si tu as trouvé l'homme qui a su comprendre tout à fait la fille que moi je n'ai jamais comprise. Et si tu as su l'Aimer en retour, effaçant, surpassant de la puissance de tes sentiments l'inouï Dom Juan virtuel qui avait fait de toi une amputée du coeur. Ris-tu de lui maintenant comme on me le promet ? Supportes-tu ta vie et aimes-tu la mienne ? Travailles-tu dans ton propre cabinet de pédiatre à l'endroit que Nonno t'avait réservé ? Ton nom est-il inscrit en tout petit en bas de la couverture d'un livre ? La mélodie du piano de ton enfance hante-t-elle encore la maison de ta présence ? Tes larmes savent-elles toujours si bien couler, silencieusement muettes, si proprement ? As-tu conservé mes journaux intimes ? Qu'as-tu fait de mes rêves ? Et mes promesses, t'en souviens-tu ? Je ne m'inquiète pas sur le nombre de tes rides, ni sur la ménopause qui s'approche de toi, ni même sur tes cheveux qui doucement et un à un prennent la couleur de la neige. J'ose croire que sur ce point tu aies gardé un avis proche du mien et que la vieillesse ne reste qu'une continution.
___J'imagine combien toutes ces questions te feront sourire, si tu as conservé un peu de moi, puisque tous ces éléments banals, quasiment invisibles et sans importance, tu as appris sans t'en rendre compte à en faire des évidences. J'ai tout à réapprendre. Mon existence s'arrête là où commence la tienne. Ma phobie du futur est toute expliquée ici ; entre moi qui t'écris et toi qui me lis, il y a ma mort. C'est si paradoxal, si frustrant de me dire que j'aimerais souvent te connaître et que tu aimerais parfois m'oublier. Si douloureux de me dire que le seul être avec qui j'ai vraiment été proche, fusionnelle pourrait-on dire, la seule personne sur laquelle j'ai eu le courage de pleurer plutôt que balancer ce sourire niais, la seule à qui j'ai été capable de dire ses quatre vérités, la seule qui soit restée alors que bien souvent je la haïssais, la seule qui m'ait comprise puisqu'il faut vivre pour comprendre, la seule c'était toi. Et que tu te dédoubles de moi, tu pars, déjà. Tu es partie, tu t'es transformée alors que j'avais encore besoin de toi. Alors que j'aurai toujours besoin de toi. Ma solitude est complète sans toi. Je ne crois pas que tu devines comme ça me fait mal de me regarder et de te regarder en face.
___Mais, même sans croire au destin, je ne peux porter de jugements sur nos devenirs. Même sans croire au destin. Un gouffre nous séparait déjà, avant. Mon altérité, ou peut-être la nôtre, nous a toujours posé problème. Ce n'est la faute de personne. Personne ne peut empêcher un carrefour de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, et de couper par inadvertance les rails rectilignes et parallèles d'un train. D'un même train. Personne n'a pu t'empêcher de devenir mon inconnue. Mais une intime et fabuleuse inconnue. Pour la première fois, j'ai confiance en quelque chose, et peu importe que cette confiance soit irraisonnée, je sais qu'à l'heure où tu lis cette lettre, tu es quelqu'un.

Karo.
 Avec toi, je serais allée jusqu'à refaire le monde. Tu vois ?
# Posté le mardi 18 décembre 2007 07:31
Modifié le samedi 22 décembre 2007 12:44

J'vais éplucher ma mandarine.

 J'vais éplucher ma mandarine.
Maman connaît mon point faible.
Maman ne le sait pas.
Maman a juste dit ce qu'il fallait - ou pas.
Aïe. Ce n'est pas un cri. Juste une plaie que je ne connaissais pas.
Ou peut-être que je suis moi-même une plaie.
Je n'ai pas le droit d'en vouloir à Maman.
Parce que tout n'est que ma faute.
Et que Maman ne sait pas comme les mots me marquent.
Je m'excuse, moi aussi j'aurais aimé être comme toi.
Je voudrais être différente.
Et vous dire comme je ferai tout pour que mes enfants ne me ressemblent pas.


*
Ne vous satisfaisez simplement pas du début de la chanson.

Tiens-moi l'échelle ou bien je tombe.
Ce n'est pas sans danger de vouloir décrocher les étoiles.





(J'ai honte de cet article. Je ne suis pas malheureuse.)
(Trouvez-vous une petite soeur. Y a rien de mieux. Rien de mieux pour vous donner envie de sourire. La mienne est merveilleuse.)




Et prends-moi par la peau du coeur.
Et je ne veux plus que ça rime avec son prénom.
Ce serait ne rimer à rien.

Karo.
# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:23
Modifié le samedi 10 novembre 2007 13:46

Je suis dos à dos à mon coeur.

 Je suis dos à dos à mon coeur.
* Parce qu'à ne pas avoir de pécé, j'me suis rabattue sur la tévé. No-life un jour, no-life toujours. Puis accessoirement parce que cette musique, elle me tue.



Juste le temps de se faire au silence. Ou au bruit. Mais quelle différence. Stupide battement. Tu n'as rien à battre. Tu sonnes vide, tu sonnes creux. Tu n'as pas de vie et tu résonnes, irraisonné, tu te répercutes contre les parois intérieures. Je suis de briques. Chaque mur enferme. Et pourtant. Chaque cloison trace le contour de la liberté. Deux contradictions côtes à côtes. Si près. Un peu de béton opaque suffit à séparer. La distance ne tient qu'au regard qu'on ne peut lancer. Si peu. Je ne t'écoute plus, mais je t'entends. Je t'entends malgré moi, je t'entends contre moi. Tout contre. Si fort. Ta régularité est omnibulante. Oppressante. Omniprésente. Une respiration entre deux de tes coups d'assauts. Et j'espère encore. Que demain ça n'ait plus tant de signification. Demain tu voudras simplement dire que je vis. Me le dire. Si bas. Je t'entendrai. Je t'écouterai cette fois. Mais tais-toi pour l'instant, je t'en prie. Et rends-toi. Rends-toi à l'évidence. La vérité n'existe que quand quelqu'un la possède. Tu n'as pas de vérité. Tu n'as pas une seule vérité. Moi non plus. Moi j'en ai des milliers.


Ca s'voit pas d'ici mais j'rigole sur mon poteau. Je n'ai pas honte, non non. 'Puis elle me manque quoi. J'veux la revoir. J'veux te revoir. C'tait si bien d'rire avec toi.

"La réalité ne suffit pas. (...) Rien n'est réel, mais tout est vrai."
_ Monsieur B.
# Posté le lundi 10 septembre 2007 17:30
Modifié le dimanche 28 octobre 2007 19:25